Quelques bribes de vie d'une maman la quarantaine et des brouettes avec ses humeurs, ses passions, ses questions existentielles ...

Le film : Depuis qu’elle s’est séparée de Nigel, Léna traverse la vie comme elle peut avec ses deux enfants. Elle triomphe avec vaillance des obstacles semés sur leur route. Mais il lui reste à affronter le pire : l’implacable bonté de sa famille, une mère quelque peu castratrice (enfin un peu beaucoup) qui a décidé de faire son bonheur.
En haut de l’affiche d’un métrage co-écrit avec Geneviève Brisac (accessoirement la première éditrice de Honoré romancier), le personnage de Chiara (Léna) porte le métrage sur ses épaules de mère et jeune divorcée en proie aux doutes, à l’hésitation et à une forme refoulée de dépression de l’après (normal me direz vous !!).
Chassant toute la sensualité de sa vie, ainsi que toutes tentatives de légèreté que pourraient lui apporter un certain satellite qui virevolte autour d’elle (Louis Garrel, dans un second rôle cocasse, il la drague effrontément mais jamais elle ne cède ou alors juste quelques baisers volés), elle fuit ses responsabilités et se replie sur l’agressivité verbale qu’elle ne contrôle pas. Elle devient aveugle face aux problèmes des autres, hermétique à toutes leurs misères patentes : le sentiment d’abandon et d’impuissance dont souffre son fils (qui se réfugie dans la lecture à outrance), le couple de sa sœur qui vacille, la maladie de son père dont elle ignore tout...
Léna se construit paradoxalement sur l’antipathie et l’empathie. L’égoïsme dans lequel elle s’embourbe, cet égocentrisme malheureux né de déceptions (son ancien mari, joué par Jean-Marc Barr, très sobre, l’a trompé) attise des sentiments contradictoires vis-à-vis d’un personnage qui a tout pour être heureuse mais qui laisse tout filer entre ses doigts (boulot, mari, amant potentiel, enfants).
La fêlure prend le dessus sur le rationnel, alors que sa famille essaie d’être le ciment qui la sauvera.
Sans pour autant virer dans le drame, le film se contente d’une introspection, à la fois tendre et douce, mais finalement austère, à laquelle Léna essaie constamment de se soustraire, comme pour fuir le rôle dans lequel tout le monde aimerait la cantonner. Celui d’ex-épouse, de mère responsable et donc de femme active accomplie.
Au final, l’aridité du personnage de Chiara, ses maladresses et ses tergiversations, réussissent à plomber un peu nos sentiments à son égard, l’on a envie de la secouer et de lui dire mais « vit ta vie », ne reste pas spectatrice.
Christophe Honoré réussit un film sobre et parfois poignant, qui remue les tripes et fait réfléchir toutes les femmes avec un grand F. On veut tout un mariage, des enfants, réussir son divorce si divorce il y a, assumer au centuple la vie quotidienne mais un jour les questions cherchent des réponses et c’est la cata !!!
En définitif nous voulons être parfaite 365 jours/365 dur dur !!!
A voir avec des copines mais surtout pas celles en instance de divorce ou fraichement séparées … qu’il est difficile d’être Femme finalement …
