Quelques bribes de vie d'une maman la quarantaine et des brouettes avec ses humeurs, ses passions, ses questions existentielles ...

Cela peut paraître étrange de dire : chaque jour, est un combat. C’est une lutte acharnée entre mon envie irrésistible de manger et le désir de ne pas succomber à cette tentation diabolique. Ce n’est malheureusement pas la faim qui me pousse à ouvrir les portes des placards, mais plutôt l’ennui, le désespoir, l’impossibilité de voir l’avenir avec des yeux brillants.
Il y a des gens qui, pour résister à ces différents symptômes de la vie, fument, boivent, d’autres au contraire plus forts vont faire un footing, du vélo (ça j’essaie mais avec cette chaleur c’est de l’inconscience même le vélo d’intérieur)…
Moi, ce sont les jolies couleurs des aliments qui me rendent mon sourire dès le matin : la croute croustillante du pain, le jaune luisant du beurre même à 25% de MG, le rouge intense de la confiture de fraises ou de framboises (bon ma préférée Mirabelle) ...
L’accumulation de ces délices ne me procure même pas le sentiment de satiété. Le vide est toujours là. Vide dans mon estomac, vide dans mon cœur. C’est là le problème. On attribue à ces merveilles gustatives des pouvoirs subliminaux qu’ils n’ont pas la prétention d’avoir. Alors, à quoi ça sert d’avaler ces aliments aux mil calories et de savoir qu’ils ne combleront rien !!! C’est l’espoir qui fait vivre…
Quand l’encas est terminé, quand on ne sent pas le plein dans notre corps, quand notre âme a encore mal, quand notre cœur souffre toujours, vient alors la culpabilité. Ce sentiment arrive à pas feutrés dans notre esprit et nous fait prendre conscience de notre lamentable échec. Le duel entre notre souhait de résister et notre fatal attrait pour le sucré/salé a abouti à la victoire suprême et incontestable des aliments…
Quelle déception… Le pire dans tout ça, c’est cette impression dominante de néant : on se sent toujours mal, malgré cet extase gustative de quelques minutes que nous venons de nous infliger. Tout ça pour rien…
Aujourd’hui encore, je suis en bataille perpétuelle contre cette envie d’oublier mes soucis dans la nourriture. La préparation des repas équilibrés et ayant un goût est devenue mon obsession.
Ce qui me rend triste, c’est de savoir que ce combat est un combat à mener à vie. J’ai réussi à perdre près de 10 kilos je veux en perdre encore autant ou plus... Je ne veux pas revivre ces années de souffrance psychologique où le regard de l’Autre m’a tellement blessée et m’a fait verser tellement de larmes. Je me sentais le vilain petit canard parmi ces si jolies filles dont parlaient mes amis hommes. Je ne veux pas revivre ça, non…
Le plus dure aussi, c’est de faire comprendre à mes proches que c’est une lutte acharnée que je mène. Ils ne comprennent pas. Il y en a qui me préparent avec gentillesse des repas copieux alors que toute la semaine j’ai rivalisé avec les démons alimentaires et que j’en suis sortie gagnante… Il y a en qui ne m’en parlent pas alors que c’est un problème quotidien… Et puis il y en a d’autres qui pensent que c’est simple de dire stop au plaisir de la bouche…
Et je ne sais si c’est le pire mais j'adore cuisiner et partager cette passion ... Cuisiner peut aussi rimer avec cuisiner light et délicieux heureusement …
Rester Femme, Maman, et assumer ses rondeurs même si elles sont appelées à disparaitre … quel dilemme !!!