Quelques bribes de vie d'une maman la quarantaine et des brouettes avec ses humeurs, ses passions, ses questions existentielles ...
Voilà je vais essayer de mettre en mots tous ces maux un jour de 2004 ma vie a basculé, une banale séance chez mon psy et quand je ressors je ne sais plus où j’en suis … cette histoire n’est pas la mienne, pourtant si … malheureusement ce secret si longtemps enfoui me rongeait l’intérieur, m’étouffait, m’enrobait avec mes kilos en trop !!!
Maintenant je ne veux plus me taire mais comment expliquer ce que j’ai moi-même du mal à comprendre ? Je sais qu’il y aura encore des souffrances, j’ai entrouvert une petite porte par laquelle je veux que mon entourage sache et connaisse mes douleurs … Le chemin sera long, douloureux je me dois de me reconstruire pour ne plus me sentir sale, et raconter mes obsessions qui désormais gouvernent ma vie …
L’inceste est un mot qui a envahi le langage populaire mais pourtant il désigne un crime odieux. Quand parle t’on des souffrances, de la vie des victimes après, du refoulement de ces actes … Qu’est ce que l’inceste me direz vous, un viol déguisé (pour mon cas – attouchements sans pénétration du sexe – dira mon psy mais qualifié de viols répétés)… j’étais victime et je me sentais coupable … coupable de l’avoir laissé me toucher intimement …
Quand on nous bassine que l’adolescence est un fabuleux moment dans la vie d’une jeune fille moi j’aurais aimé que ces années ne soient jamais gravées dans ma mémoire … mais le plus incroyable est que malgré ma psychanalyse je ne me souviens pas du tout de la date du premier abus, comme si ma mémoire avait fait l’impasse sur ces actes.
Depuis je déteste mon corps, je le récure, je grossi, je maigri, toute la haine que j’éprouve je la fais subir à mon corps …
Je voudrais pouvoir tourner une page sur cet épisode de ma jeunesse perdue, crier, jurer, cracher ma haine, vomir ce passé pour enfin me libérer. Et surtout ne plus entendre non nous n’avons rien vu, rien compris, et ne pas être dans le déni …
C’est à l’âge de la puberté, au cours duquel mon corps s’est transformé que ma vie a basculé. Les premiers signes de féminité apparaissent et l’on commence comme toute petite nana à faire attention à son apparence, que les rondeurs assumées jusque là deviennent insupportables.
Commence la valse des régimes je les ai tous essayés et dès qu’il recommençait je reprenais mes kilos pour ne plus lui plaire … Il a tué la petite fille que j’étais pour devenir une femme meurtrie …Maintes fois j’ai espéré le retour de ma mère à l’improviste ou que mon petit frère ouvre cette fichue porte de la salle de bain … mais cela n’a jamais eu lieu … !!!
La culpabilité et le poids de ce secret m’ont rongée chaque jour un peu plus. La justice reconnaissant un droit de prescription pour un tel crime, mais que pour mon cas c’est trop tard je me devais de raconter mon passé à mes filles et à l’homme que j’aime …
Nat.
