Quelques bribes de vie d'une maman la quarantaine et des brouettes avec ses humeurs, ses passions, ses questions existentielles ...
Pourquoi n'ai je pas su dire non ? Oui, non, sans doute, peut-être, stop ...
Qui ne dit mot consens !! ... Et bien, non ! Tu as détruit ma vie de Femme ... Si j'avais pu dire non, stop... mais je n'ai pas pu, pas su ... je me suis trouvée mil excuses toujours.
Ses mains vieillies ont cajolé ma peau de jouvencelle. D'après mon psy avant 12 ans (ma mémoire l'a enfouie) et après aussi ...
Mon innocence, mon corps fragile, l'illusion de mon enfance à jamais salie sans appel. Puis je comprends le mot : silence morbide, solitude amère d'un toucher de mon intimité. Mes faibles seins minuscules, mon abricot un trophée à ce vil cerveau. Ma vie qui bascule ... entachée, tâchée à peu de frais mais pour la vie...
Des larmes secrètes, gros chagrin d'enfant, quatre murs d'une salle de bain sans écho !!
Vie austère et sans relief, perturbation d'un esprit saccagé par la culpabilité, et, tout s'effiloche dans le noir, dans le gris sombre... mon être maladif n'est plus jouissance parfumée... de la rancoeur dans mon coeur, gestes et mots inexplicables, chemin rocailleux à comprendre l'injustice, l'incompréhensible ...
Pour enfin parler, pour enfin mettre des mots sur mes maux merci (Eric mon psy), merci Hélène qui a compris mon secret à demi mots ...
Et, à l'aube de mes 40 ans délivrance de ce mal terrible, de ce cancer qui me ronge ...
Vivre enfin, survivre, adieu supplice d'esprit, il faut tout dévoiler, expliquer, comprendre, demander pourquoi ???
Esquisser un sourire banal devant Lui !! devant Elle qui fait l'autruche qui est dans le déni le plus complet depuis que je lui ai dit ce que m'a fait ce monstre qui partage son lit ...
Elle continue sa vie, sociale, familiale comme si sa vie avant et après mes dires n'avait rien changé dans le cours de son existence comme si elle avait toujours su sans jamais oser mettre des mots sur mes maux !!!
En 2009, et après, je veux l'espoir, mes souffrances expliquées ... même si chaque fois ma voix prend ce trémolo douloureux, révolté...ma peine reste lourde, très lourde, mon enfance bafouée, volée je ferme le rideau, car je réalise enfin mon statut de victime, je ne culpabilise plus d'avoir été touchée, caressée même s'il ne m'a pas pénétré avec "son sexe", la situation ambigüe de "viol" est tout aussi destructrice.
Nat.