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Quelques bribes de vie d'une maman la quarantaine et des brouettes avec ses humeurs, ses passions, ses questions existentielles ...

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Mon Histoire, Ma vie, mes maux (8) à suivre

Voilà je vais essayer de mettre en mots tous ces maux un jour de 2001 ma vie a basculé, une banale séance chez mon psy et quand je ressors je ne sais plus où j’en suis … cette histoire n’est pas la mienne, pourtant si … malheureusement ce secret si longtemps enfoui me rongeait l’intérieur, m’étouffait, m’enrobait avec mes kilos en trop !!!

Maintenant je ne veux plus me taire mais comment expliquer ce que j’ai moi-même du mal à comprendre ? Je sais qu’il y aura encore des souffrances, j’ai entrouvert une petite porte par laquelle je veux que mon entourage sache et connaisse mes douleurs … Le chemin sera long, douloureux je me dois de me reconstruire pour ne plus me sentir sale, et raconter mes obsessions qui désormais gouvernent ma vie …

L’inceste est un mot qui a envahi le langage populaire mais pourtant il désigne un crime odieux. Quand parle t’on des souffrances, de la vie des victimes après, du refoulement de ces actes … Qu’est ce que l’inceste me direz vous, un viol déguisé (pour mon cas – attouchements sans pénétration du sexe – dira mon psy mais qualifié de viols répétés)… j’étais victime et je me sentais coupable … coupable de l’avoir laissé me toucher intimement …

Quand on nous bassine que l’adolescence est un fabuleux moment dans la vie d’une jeune fille moi j’aurais aimé que ces années ne soient jamais gravées dans ma mémoire … mais le plus incroyable est que malgré ma psychanalyse je ne me souviens pas du tout  de la date du premier abus, comme si ma mémoire avait fait l’impasse sur ces actes.

Depuis je déteste mon corps, je le récure, je grossi, je maigri, toute la haine que j’éprouve je la fais subir à mon corps …

Je voudrais pouvoir tourner une page sur cet épisode de ma jeunesse perdue, crier, jurer, cracher ma haine, vomir ce passé pour enfin me libérer. Et surtout ne plus entendre non nous n’avons rien vu, rien compris, et ne pas être dans le déni …

C’est à l’âge de la puberté, au cours duquel mon corps s’est transformé que ma vie a basculé. Les premiers signes de féminité apparaissent et l’on commence comme toute petite nana à faire attention à son apparence, que les rondeurs assumées jusque là deviennent insupportables.

Commence la valse des régimes je les ai tous essayés et dès qu’il recommençait je reprenais mes kilos pour ne plus lui plaire … Il a tué la petite fille que j’étais pour devenir une femme meurtrie …Maintes fois j’ai espéré le retour de ma mère à l’improviste ou que mon petit frère ouvre cette fichue porte de la salle de bain … mais cela n’a jamais eu lieu … !!!

La culpabilité et le poids de ce secret m’a rongés chaque jour un peu plus. La justice reconnaissant un droit de prescription pour un tel crime, mais que pour mon cas c’est trop tard je me devais de raconter mon passé à mes filles et à l’homme que j’aime …

 

Quand un lundi de Pâques 2005 je déballai tout à ma mère … j’ai attendu sa réaction elle n’est pas venue … à part me dire mais il t’aimait trop !!! et après l’avoir mis devant les faits il n’a pas nié … rien n’a changé après … il y a eut un avant un après une chape de Déni total …

J’essaie d’analyser ma mère, et là c’est tout un poème … !!! Ma mère et sa politique de l’autruche finalement, cette révélation qui aurait du être un choc avec effondrements, larmes culpabilisation et bien : Rien !!! Pendant deux ans jamais nous n’en n’avons reparlé même évoqué la moindre bride, même pas posé une question pour savoir comment je le vivais rien du tout jamais …

Elle n’avait jamais été hyper proche de moi mais là ça dépassait tout … son comportement était hallucinant mais conforme à elle-même … Elle s’investissait dans d’autres causes : conseillère municipale elle se donnait à fond en réunions et autres manifestations … elle aidait les gens en difficulté là c’était gratifiant !!! Brasser de l’air et avoir sa photo dans le journal tout un programme (électoral bien sur !!) …

J’étais atterrée, son attitude m’enfonçait dans ma détresse intérieure, elle n’osait peut être pas m’en reparler, peut être finalement se sentait elle coupable ???

Mais non, elle niait ma souffrance, elle niait les actes que son mari m’avait affligés, et surtout les symptômes qui en découlaient… Elle aurait du comme toutes les mères apaiser mes peines, mes douleurs prendre en considération mes angoisses.

Son attitude n’est absolument pas celle d’une mère désolé de vous choquer… Pendant deux années j’ai fait l’effort de me rendre chez eux, avec ou sans mes filles toujours avec Doudou … mes filles savaient ce que leur Papy m’avait fait j’ai estimé qu’il était normal qu’elles le sachent … Elles étaient sur leur garde et c’était mieux ainsi …Et le clash que je vous ai déjà conté a eut lieu le dimanche de Pâques cette année depuis c’est silence radio mais j’espère qu’un jour elle me comprendra et viendra me raconter sa façon à elle de gérer mon passé…

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N
La mère ou le père qui est sensé assumer (ou devoir assumer) toutes les souffrances de son enfant, afin de le protéger au mieux, cela fait également partie des stéréotypes de notre société actuelle.<br /> Il y a encore un demi-siècle, ici en France, il n'en allait pas du tout ainsi du devoir des parents envers leurs enfants, c'était même souvent l'inverse. Ce sont les enfants qui étaient plus ou moins au "service" de leurs parents.<br /> <br /> Pour pouvoir assister quelqu'un, l'aider, le soutenir, il faut se sentir assez fort pour cela, assez fort pour supporter sa peine, sa souffrance. Tout le monde n'en ai pas capable, loin de là...<br /> Alors oui, à plus forte raison quand il s'agit de nos parents, c'est triste, enrageant et malheureux.<br /> Cependant je crois que le plus sage est d'accepter qu'il en est ainsi, qu'ils n'en sont pas capable, et qu'il est inutile, vain, d'espérer qu'un jour ils le deviennent.<br /> Faire le choix de casser cet espoir en nous fait très mal sur le moment, c'est clair, mais sur la distance cela est bénéfique pour nous...
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